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 J'y suis presque

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AuteurMessage
Kamui

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Messages : 44
Date d'inscription : 08/09/2007
Age : 37
Localisation : Paris

MessageSujet: J'y suis presque   Lun 8 Oct - 19:49



Avant, j'étais.
Juste cela.
Noyé dans un océan sans fin,
nageant pour finalement demeurer.
L'impression de ne pas appartenir à ce monde,
Collée à chacun de mes pas.
Etait ce cela vivre?
De bons et de mauvais instants
Se succédant sans cesse
Pour tisser le fil de ma vie?
Pris pour eux seuls, ces moments une fois isolés
Semblent bien désués et vide de sens.
Qu'ont de précieux ces jours
S'ils ne se suffisent à eux-mêmes?


Puis est arrivée la lumière.
Immergé dans la noirceur,
L'ignorance nous enveloppe,
Rassurante chaleur utérine.
La lumière étant,
La sérénité cède sous la réalité.
Lorsque la lumière les éclaire,
Les ténèbres n'en sont que plus visibles.
L'âme voit alors ce que ces yeux,
Aveugles consentants, lui cachait.
Privée de son absence rassurante de repères
Au moment même où les limites de son monde
Se montrent sous leur vrai jour,
L'âme déborde.
Elle se réveille, exultant au contact
de ses sens dont elle a été coupée
durant sa cécité prénatale.
Ivre de vie,
Elle peut enfin s'exprimer,
Vers cette lumière qui,
Elle ne s'en rendra compte qu'une fois touchée,
N'est que son reflet.
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Lucile
Admin
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Messages : 144
Date d'inscription : 08/09/2007
Age : 35
Localisation : ici

MessageSujet: Re: J'y suis presque   Jeu 11 Oct - 19:04

Bon, je t'ai déjà dit ce que j'en pensais oralement! J'aime beaucoup et ça cadre très bien avec ton vécu, c'est pour cela que je t'avais demandé de le publier sur le forum.

Le"nageant pour finalement demeurer" me fait penser au paradoxe de la Reine Rouge dans "de l'autre côté du miroir" de L.Carroll:
"Just at this moment or other, they began to run. Alice never could quite make out, in thinking it over afterwards, how it was that they begun: all she remembers is, that they were running hand in hand, and the Queen went so fast that it was all she could do to keep up with her, and still the Queen kept crying, "Faster! Faster!" but Alice felt she could not go faster, thought she had no breth left to say so.
The most curious part of the thing was that the trees and the pther things round tem never changed their place at all, however fast the went, the never seemed to past anything.
Alice looked around her in great surprise. [...] The Queen said: "New, here, you see, it take all the running you can do, to keep on the same place."
C'est de devoir avancer pour finalement s'aperçevoir qu'on a fait que de rester sur place. ça fait aussi penser au livre de Christiane Singer: "où cours-tu? Ne vois-tu pas que le ciel est en toi?"


je t'avais dit que ça me faisait beaucoup penser à un texte de Lee Lozowick, donc voilà! c'est assez drôl,e il utilise la même métaphore que toi...
"Une fois que vous êtes dans le couloir de la folie, vous ne pouvez pas revenir en arrière. C'est comme le canal de la naissance: quand vous êtes engagé, la seule issue, c'est de naître. Et vous ne voyez pas la lumière avant que votre tête ne sorte.
Pendant neuf mois, c'est l'existence dans l'inconscience. et tout d'un coup, un mouvement se fait sentir et il est propulsé dans ce tube étroit. Tout est inconnu, tout fonctionne de manière différente: c'est un choc pour l'organisme , sinon pour la conscience.
Nous sommes là, à poursuivre notre existence dans notre béatitude faite d'ignorance. Peut-être souffrons-nous, mais tout compte fait, c'est confortable, c'est connu, c'est mécanique et habituel. Et puis tout à coup, nous lisons un livre, nous rencontrons un maître, nous allons à l'ashram, et, si nous avons de la chance, c'est comme entrer dans le canal de la naissance. C'est aussi dur. Que se passe-t-il? On ne peut plus rebrousser chemin!
Nous pouvons penser: "Je n'aime pas ça!" mais nous avons été mordu et c’est trop tard, nous ne pouvons pas retourner en arrière. Une fois que vous êtes dans le couloir de la folie, vous ne pouvez en sortir que de l'autre côté. On en peut pas y rester, il faut toujours avancer, coûte que coûte.
La merveille du Divin, c'est que nous allons continuer, que nous le voulions ou non, parce que la partie réelle de nous-même est déjà cela que nous cherchons. Il n'y a rien à vouloir: ce qui est est."
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