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 The fountain, de Darren Aronofsky

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Lucile
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MessageSujet: The fountain, de Darren Aronofsky   Jeu 11 Oct - 19:20

The Fountain – Darren Aronofsky




Enfin me voici à vous parler de « The Fountain », film si cher à mon cœur, comme vous le savez tous, au point que j’ai failli en recevoir un stock considérable ce DVD à mon anniversaire !
Par où commencer ?? Par sa sortie ciné peut-être ! Nous sommes allés le voir David et moi à la fin de l’année dernière… parce que l’affiche nous plaisait. Il y a des films comme ça, on SAIT qu’on doit les voir, d’une façon ou d’une autre. Donc nous sommes entrés dans la salle sans savoir rien d’autre que le titre et l’image de l’affiche. Et quel éblouissement ! Nous sommes ressortis complètement abasourdis, lessivés d’avoir été aussi remués, touchés, travaillés, avec le sentiment d’avoir effleuré au plus près la pureté, la beauté, le mystère de la vie et de la mort. Je n’ai en fait vraiment compris le film qu’à mon deuxième visionnage, 10 mois plus tard. C’est une expérience particulière d’être complètement bouleversé et émerveillé à la fois, sans même comprendre pourquoi. Je pense même que je n’ai pas voulu essayer de comprendre le film, d’en analyser la portée, le message, de peur de perdre toute l’émotion qu’il avait suscité en moi.

Bref. Vous aurez compris que je l’aime beaucoup. Et j’espère vous avoir donné l’envie de le voir.
Un petit peu de l’histoire quand même : 3 histoires s’articulent dans ce film, mettant à chaque fois en scène un couple, le même au final.
La première histoire, la base, se passe à l’époque actuelle. Tom et Izzi s’aiment profondément, mais Izzi est atteinte d’un cancer et ses jours sont comptés. Tom, qui est chercheur en médecine, essaie de lui trouver un remède miracle. Pendant qu’il s’enferme dans son laboratoire et fuit la fin de vie de sa femme, celle-ci écrit un livre, dont elle demandera à Tom d’écrire la fin.
La deuxième histoire est en fait celle du livre d’Izzi. Le couple ici est celui de la reine d’Espagne et d’un conquistador. L’Espagne est rongée par l’Inquisition et le seul espoir réside dans quelques indices qui suggère la présence d’une pyramide maya cachée où se trouverait l’arbre de la Vie qui donnerait la vie éternelle, et permettrait de sauver l’Espagne. Sur ordre de la reine Isabelle, le conquistador s’embarque pour le nouveau continent à sa recherche.
La troisième histoire se déroule dans un futur lointain. Le couple est ici composé de Tom/le conquistador et de l’Arbre de Vie. L’Arbre est en train de mourir, et Tom traverse l’espace dans une bulle avec lui pour le conduire à Shibalba, l’Autre monde des mayas, pour qu’il renaisse.
Vous l’aurez deviné, les 3 histoires s’articulent et se déroulent parallèlement : Tom rejoue avec l’arbre mourrant les mêmes rapports qu’avec Izzi. A chaque fois se reproduit la quête de l’immortalité chez Tom qui doit faire face à la réalité de la mort. Son vécu au travers des 3 histoires lui permet finalement d’accepter la mort d’Izzi et d’aller au-delà.



Que ceux qui n’ont pas vu le film s’arrêtent là ! Spoiler !
(Je peux aussi le prêter ou faire des projections)


Je voudrais maintenant parler un peu de mon interprétation du film, du message qui y est véhiculé (à mon avis). Je ne suis vraiment pas sûre d’une part d’avoir tous les éléments explicatifs et d’autre part que tout le monde y voit la même chose que moi. Ça m’intéresserait beaucoup par contre de savoir ce que vous en avez pensé.

« The fountain » met en scène des attitudes différentes face à la mort. Alors que le personnage masculin (Tom/ le conquistador/ le moine) la refusent, cherchent à la combattre et s’enfuient dans une quête d’immortalité (« Tu tiendras, je ne te laisserai pas mourir »), les personnages féminins (Izzi/l’arbre) acceptent cette mort et la dépassent.
La différence principale est que les personnages féminins vivent la mort dans leur corps, c’est leur propre finitude qui est en jeu, alors que les personnages masculins vivent la mort d’un proche et appréhendent plutôt la séparation, la solitude.
Izzi, surtout, est un personnage remarquable, comme le dit une collègue de Tom à son inhumation : « Nous luttons toute notre vie pour atteindre la plénitude, être assez accompli, à l’heure de mourir, pour parvenir à une certaine harmonie. Peu d’entre nous y arrivent. La plupart partent comme ils sont venus, en se débattant et en hurlant. Et pourtant Izzi, malgré son jeune âge, est parvenue à cette harmonie ; dans ses derniers jours, elle a atteint la plénitude. »
En effet, Izzi, assez rapidement, n’appréhende plus sa mort, elle essaie plutôt de la vivre consciemment, de profiter des derniers instants. Elle a accepté la mort à venir, ce qui lui a permis de dépasser la peur. Elle est entrée dans une autre dynamique, celle de la création, comme elle l’explique à Tom dans le musée : tout comme le Père Originel du mythe maya, elle veut faire de sa mort un acte créateur. Cela s’exprime par l’intermédiaire de son livre qui parle justement de l’inanité de la quête d’immortalité. Mais ce qu’elle crée n’est pas tant le livre, à mon avis, mais plutôt une prise de conscience chez Tom. Son souci est constant d’essayer de lui faire partager son vécu de fin de vie. Malheureusement, comme dans la plupart des fins de vies, les proches n’en sont pas au même niveau d’acceptation de la mort.

C’est pour cela qu’elle confie à Tom la tâche de finir son livre : il doit trouver tout seul le dénouement de la quête d’immortalité, en en comprenant l’absurdité. Et finalement, on s’aperçoit qu’elle lui a donné tous les éléments pour le comprendre : le mythe fondateur maya, Shibalba, le récit de son guide au Pérou. Elle lui dit même que l’histoire devra se finir en haut, à Shibalba. Le livre même recèle la fin que Tom doit écrire, par les paroles du chef maya qui garde l’arbre de la vie : « Le Père Originel s’est sacrifié pour l’arbre de Vie. Entre et Vis le même sort. La mort est la voie de l’éblouissement. Shibalba ! »
Izzi espère que Tom comprenne son choix d’acceptation de la mort pour qu’ils puissent vivre pleinement ces derniers instants ensemble. Mais finalement, il faudra plusieurs siècles à Tom pour comprendre, il faudra que la situation se reproduise avec l’arbre. On le voit à plusieurs reprises figé dans les mêmes réactions (cf la scène des premières neiges qui se répètent) jusqu’à ce qu’il comprenne le choix d’Izzi et puisse changer le dénouement de ces scènes.
La différence de temporalité est aussi un moyen de mettre en exergue leur dysharmonie. Tom est enferré dans le réel, on le voit avec l’arbre a compter soigneusement les années passées par les cercles sur sa peau. A l’inverse, pour Izzi, le temps n’a plus d’importance, on a vraiment l’impression qu’elle vit dans une temporalité étirée, une éternité. Si pour Tom c’est une course contre la montre qui se joue, pour Izzi, il n’y a plus que l’amour, la beauté qui garde un sens.
Un élément de sens dans le film me semble aussi être l’alliance. L’alliance du mariage qui scelle le lien entre deux êtres, l’Alliance avec Dieu qui scelle la coopération de l’homme. L’alliance dans ce film me semble être le témoin de l’harmonie entre Izzi et Tom : rapidement, celui-ci perd la sienne, tout comme il perd la compréhension de sa femme. A sa mort, il se tatoue une alliance avec de l’encre. Mais ce n’est qu’à la fin du film, quand il accepte à son tour de mourir pour renaître, que l’alliance réapparaît. Les cercles à ses bras pour délimiter le temps me semblent autant de tentatives pour renouer l’alliance avec Izzi. La bague apparaît aussi dans la relation entre le conquistador et Isabelle d’Espagne. Lui la trahit en oubliant de porter l’alliance quand il découvre l’arbre de Vie : il profite seul, en égoïste, de la sève. Serait-il mort aussi s’il l’avait portée ? L’arbre en tout cas ne lui laisse pas le choix : il le sacrifie.

Voilà pour ma vision du film. Je ne suis vraiment pas sûre d’avoir tous les éléments de compréhension, je serais vraiment très contente si ceux qui l’ont vu pouvaient me dire ce que eux en ont retiré !

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Lucile
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MessageSujet: Re: The fountain, de Darren Aronofsky   Jeu 11 Oct - 19:21

PS: vous aurez aussi remarqué que les images d'illustration du forum viennent de ce film!
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San

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MessageSujet: Re: The fountain, de Darren Aronofsky   Jeu 11 Oct - 20:58

J'ai pas lu les spoilers parce que je ne l'ai PAS VU!!! et encore plein de !!!!
Oui, Lucile, c'est quand tu veux en soirée pour le voir ^^
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Sil

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MessageSujet: Re: The fountain, de Darren Aronofsky   Ven 12 Oct - 0:29

Partant aussi car point vu de même! (Même si j'ai la BO et que j'aime bien)
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MessageSujet: Re: The fountain, de Darren Aronofsky   

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