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 interview de Jean Charon

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Lucile
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MessageSujet: interview de Jean Charon   Mer 28 Nov - 23:23

Je cherchais à avoir des preuves sur les fameuses particules de psychomatière de JP Girard, et je suis tombée sur cette interview d'un physicien que je trouve très intéressante. Je voulais donc vous la faire partager. C'est un peu long, mais un survol vaut le détour! Quand la science arrive à rejoindre la spritualité...Je trouve ça vraiment génial d'arriver à ce carrefour. Si on détermine que l'Univers est Vivant, dans la moindre particules, l'idée de Dieu et d'esprit n'est plus très loin!Bon, je cherche toujours des preuves sur les ondes...

Jacques Languirand rencontre Jean E. Charon

Montréal, le 18 mai 1989

Jacques Languirand : Vous faites partie de ces physiciens scandaleux, si vous me permettez l’expression, à qui on avait confié la tâche d’interroger la Matière et qui se sont mis, à un moment, à parler de l’esprit et de la conscience. Je me souviens que certains avaient perçu ce virage comme une trahison, si j'ose dire. Avez-vous le sentiment que c’était une trahison?

Jean E. Charon : D’une certaine manière le mot " trahison " est peut-être juste, car on a peut-être cru que j’allais encore approfondir la connaissance de la Matière et peu à peu, je m’étais aperçu qu’il y avait là quelque chose qui, pour moi, devenait prioritaire. C’était d’essayer de comprendre que nous, qui sommes faits de matière et d’esprit, nous sommes une unité. Selon moi, c’était vraiment très urgent d’avoir sur le problème fondamental de l’Esprit des notions qui seraient aussi scientifiques que lorsqu’on parle de la science de la Matière.

J. L. : Votre vision a alimenté la réflexion de beaucoup de gens sur cette question-là. Elle a aussi inspiré certaines démarches au plan spirituel. C’est-à-dire que, tout à coup, vous nous avez mis sur une piste en nous disant que le monde n’est pas inerte, que l’Univers est vivant. Vous nous avez permis de pénétrer avec vous à l’intérieur de la Matière, des particules, etc. Vous nous avez ensuite parlé plus exactement des éons, et cela est devenu un mot quasiment magique pour aborder cette question de la nouvelle vision que la physique nous propose de l’Univers aujourd’hui. Où en êtes-vous, si j’ose dire, avec ces éons?

J. E. C. : Il faut quand même séparer les choses en deux. Ma priorité est de développer ce qu’on appelle " un modèle " en physique, pour expliquer comment est faite la Matière, que j’appelle " la psychomatière ". Car c’est quelque chose qui est matériel et qui est aussi de l’esprit. J’ai voulu pendant ces années décrire un modèle de la psychomatière, un peu comme ce que faisait Teilhard de Chardin lorsqu’il parlait du dehors et du dedans des choses. J’ai proposé un modèle qui représente à la fois la partie Matière et la partie Esprit.

J. L. : Mais quand vous avez commencé à décrire les éons, vous en avez parlé comme étant un élément de la Matière qui serait porteur de l’Esprit, finalement. Porteur même de conscience, disiez-vous.

J. E. C. : Oui.

J. L. : Il y a une question que je me pose assez souvent : est-ce qu’on va finir par adopter dans notre société un style de vie qui pourra s’inspirer de la vision que nous propose la physique? Car cette science nous propose une vision holiste, unitaire en quelque sorte, une vision d’un équilibre Matière-Esprit. Entre autres choses, une vision qui nous porte à aller naturellement vers l’écologie, l’équilibre à l’intérieur des systèmes, etc. Il y a un certain temps, je m’entretenais avec Fritjof Capra et je lui posais cette question : Avez-vous l’impression que l’on s’inspire assez, dans notre société, de cette vision-là? D’un ton impatient, il a répondu : " Pas du tout. Cette vision n’est pas encore intégrée dans notre vécu. " Il m’a semblé un peu inquiet, d’autant plus qu’il s’est impliqué activement dans l’écologie. Est-ce que vous partagez un peu cette inquiétude? Avez-vous le sentiment que les gens sont encore très mécanistes dans leur vision individuelle?

J. E. C. : D’une façon générale, je crois que l’humanité marche avec des dogmes vraiment profonds qui sont sous-jacents et souvent inconscients d’ailleurs à leurs propos… même si ce sont des scientifiques. On a commencé avec " le monde a été créé par Dieu "… Par conséquent, on adoptait cette vision de…

J. L. : …de l’horloger?

J. E. C. : Oui, c’est cela. Ensuite, vers Newton, on pensait encore que le monde était fait par Dieu mais qu’il était un monde de Matière. On a tout axé sur la Matière et on est maintenant en train de sauter à une autre étape : un monde fait de Matière et aussi d’Esprit. Les gens hésitent parce qu’il y a, sous-jacent dans leur pensée, une certaine crainte… comme s’ils allaient être dépossédés, d’une certaine façon, de quelque chose.

J. L. : La peur d’un vide quelconque?

J. E. C. : Oui. Dans un Univers de Matière, qu’ils connaissaient de mieux en mieux, tout d’un coup, ils sentent que ce n’est plus cela. Maintenant, on découvre de plus en plus que cet Univers est entièrement vivant. À mon avis, c’est la grande découverte de notre époque : on est au sein d’un Univers immense, mais c’est un Univers vivant. Cela va émerger dans le siècle qui va suivre, je crois.

J. L. : C’est curieux, je lisais l’autre jour à propos des rites védas où il était question de la montagne, qui est le symbole de la Matière. En voici un extrait qui, je crois, va vous intéresser : " La montagne féconde s’ouvrit en deux, livrant la naissance suprême. Alors, en vérité, ils s’éveillèrent et ils virent totalement. Derrière eux, autour d’eux et partout, ils eurent en vérité l’extase même dont jouit le ciel. Ils découvrirent le puits de miel couvert par le roc. " C’est, au fond, l’image parfaite de ce dont vous êtes en train de parler : l’Esprit – ou la conscience –, couvert, voilé en quelque sorte par la Matière.

J. E. C. : Je crois que c’est important parce que, finalement, être dans un Univers mécanique d’horloge, et se rendre compte que l’on vit dans un Univers immense certes mais qui est partout vivant, c’est tout de même une découverte qui aura beaucoup de retentissement.

J. L. : Quand vous parlez de l’Univers qui est vivant, le percevez-vous d’une façon particulière? A-t-elle changé quelque chose, chez vous, cette perception? Comme, par exemple, de considérer que cet Univers est quelque chose de sacré. Je ne voudrais pas ajouter lourdement une dimension mystique ou spirituelle, mais avez-vous l’impression de faire partie d’une conscience, d’une énergie qui a un caractère sacré?

J. E. C. : Oui, mais je me sens partagé. De plus en plus, je crois que cet Univers est sacré, mais je sens que l’objectif de cet Univers est
de se faire connaître d’abord. De le connaître en l’approchant, en le touchant
et, par conséquent, d’étendre notre connaissance de cet Univers, ce qui n’est pas, pour moi, opposé à la notion de sacré. Puis, en étendant la connaissance de cet Univers, je crois que je me fusionne avec lui de plus en plus. Cela rejoint sans doute votre idée d’approcher l’Univers comme quelque chose de sacré.

J. L. : C’est dans ce sens que je le comprends aussi. Est-ce que vous considérez que l’engagement dans le domaine de l’écologie, par exemple, rejoint un peu votre vision? Attention! J’essaie de vous entraîner dans un terrain périlleux… [rires]

J. E. C. : Je vous rejoins tout à fait parce que je suis persuadé et même convaincu qu’avec la connaissance de l’Univers, l’écologie va se développer d’une façon extraordinaire dans le prochain millénaire.

J. L. : J’essaie de découvrir comment cette vision de la physique commence à pénétrer dans le monde actuellement. Il me semble que l’intérêt que nous avons pour l’intuition, pour le fonctionnement intuitif, est alimenté, lui aussi, par une vision que propose la physique. Que pensez-vous de cela?

J. E. C. : J’en suis tout à fait convaincu. J’ai d’ailleurs écrit des ouvrages et des articles sur ce que j’appelle " la pensé paradoxale ". Cela rejoint tout à fait l’Univers par l’approche de l’intuition. Je vois cela de cette façon : on a deux façons d’approcher l’Univers : ou bien on se dit qu’on n’est qu’en soi, donc séparé de l’Univers, ou bien on est en tout, on fait alors partie de tout cet Univers… Chacun de nous devient alors un Moi et un Tout. C’est pour moi quelque chose qui devient fondamental. Et dans cette approche, ce qui devient très important, c’est d’être convaincu qu’une chose peut à la fois être ce qu’elle est et son contraire.

J. L. : Cela peut sembler une contradiction apparente…

J. E. C. : On peut croire qu’il y a là une contradiction apparente, mais je suis persuadé que la pensée, en se développant, va aller dans cette direction.

J. L. : Ce concept de la pensée paradoxale rejoint des racines philosophiques très anciennes, mais pouvez-vous nous expliquer en quoi elle consiste vraiment?

J. E. C. : La pensée paradoxale, c’est quelque chose qu’on définit comme étant singulier mais, en même temps, on ne peut pas la séparer de l’ensemble de l’Univers. On va essayer d’étendre notre définition, contrairement à ce qu’on fait dans tout autre raisonnement où " a " ne peut être que " a " et " b " ne peut être que " b ".

J. L. : Est-ce que cela évoque pour vous un peu la pensée systémique, dans l’interaction?

J. E. C. : La question qu’on me pose toujours c’est : qu’est-ce qu’on va faire de cette pensée? Je crois que si on a vraiment la notion très forte que telle chose fait partie de l’Univers – tout ce qu’elle n’est pas et même le contraire de ce qu’elle est – on a tendance à voir les choses d’une façon plus globale. A mon sens, il peut naître de cette vision une grande créativité.


J. L. : Où en êtes-vous sur la question de la mort? Croyez-vous que la conscience individuelle survit à la mort du corps physique? Est-ce, selon vous, une conscience universelle, ou qu’une partie seulement de cette conscience universelle? Vous devez vous poser ce genre de questions.

J. E. C. : Oui, c’est exact, mais j’arrive de plus en plus à l’idée que nous sommes Matière et Esprit. De la matière qui se défait complètement, qui meurt, puis quelque chose qui est notre esprit. Dans mes bouquins, j’ai essayé de décrire ce concept Matière-Esprit. Il y a, selon moi, en nous une partie qui ne meurt pas, qui se conserve. Ce que je sens très profondément en moi c’est qu’en nous, il y a quelque chose qui persiste.

J. L. : Vous l’avez défini très clairement dans votre ouvrage J’ai vécu 15 milliards d’années. J’ai retenu, entre autres, cette idée que les particules, dans le cosmos, ne meurent pas.

J. E. C. : La particule ne meurt pas mais encore faut-il expliquer comment est composée la
particule. Qu’est-ce que ça veut dire qu’elle ne meurt pas "? On sait que le corps meurt, que toutes les liaisons qui existent se défont, puis ensuite ces particules se retrouvent dans le cosmos en particules individuelles. Il faut vraiment essayer de voir s’il existe quelque chose qui demeure ensuite…

J. L. : Est-ce qu’après la mort, il serait possible d’envisager qu’il resterait une structure psychique qui retient encore une partie de ces particules ensemble?

J. E. C. : Il faut bien imaginer que les particules, lorsqu’elles sont retournées au cosmos, ne sont plus liées comme elles l’étaient auparavant dans le corps. Mais, à mon sens, je sens que ces particules sont réparties dans tout le cosmos, de sorte qu’elles échangeraient encore quelque chose… comme si une sorte de vivant subsisterait, mais très différent du vivant que l’on connaît. Je crois aussi que ce qui est très important, et qui se dégage de plus en plus c’est que nous sommes faits d’une partie réelle, anthropique, qui se démolit, se défait et d’une autre partie, qui est justement l’esprit, partie imaginaire, qu’on appelle néganthropique, qui marche vers l’ordre consensuel, si vous voulez, mais qui ne peut pas régresser. Je pense que cette information va se préciser dans les années qui vont venir et, de plus en plus, on va s’appuyer sur une nouvelle connaissance de l’Univers.

J. L. : On peut donc examiner cela à partir d’une nouvelle dualité. C’est-à-dire que la Matière est anthropique et une forme, un aspect
intérieur, qu’est l’esprit, participe de la néganthropie. Au fur et à mesure
que l’anthropie nous entraîne vers la mort du corps, diriez-vous qu’il y a quelque chose qui échappe à cette anthropie et qui, elle, nous entraîne ailleurs.

J. E. C. : Je crois qu’il ne faut pas trop diviser les choses, et dire qu’il y a une partie anthropique et une qui est néganthropique. On est les deux à la fois, Matière et Esprit. C’est inséparable, c’est l’unité. Ce peut être difficile à aborder à l’intérieur des dogmes de la connaissance actuelle…
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