Les Havres Gris

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 un nouveau regard sur le monde...

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Lucile
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MessageSujet: un nouveau regard sur le monde...   Mar 4 Déc - 20:22

Nous parlions de changer son regard sur le monde… Voici donc des petits travaux pratiques ! Une petite explication tiré d’un livre de jeu de rôles pour commencer, et je vous explique le but du jeu ensuite.

« La nuit dernière, je revenais à la maison en passant par le quartier. Soudain, j’ai entendu le grincement lointain d’une usine, une de celles qui remplissent l’horizon autour de nos cités sales. Quand on prête réellement l’oreille à ce que nous, habitants de la cité, appelons le silence, on perçoit une véritable cacophonie sourde, des sons qui n’atteignent habituellement pas notre conscience. Des grattements, des bourdonnements, des rugissements, des grincements… Le grincement d’une usine. Il n’y a rien d’étrange à cela : chaque jour, on entend le fracas, le bruit sourd et les grincements de la cité, si fort qu’ils nous parviennent depuis des kilomètres de distance. Rien d’étrange. A moins que… Peut-être qu’une créature située dans des dimensions qui nous sont inconnues, plus grande que n’importe quelle créature terrestre, est emprisonnée dans cette immense usine ? Peut-être que ce hurlement qui ébranle la ville provient de sa gorge, et non de portiques de métal ? Peut-être pouvons-nous apercevoir la prison de l’horreur depuis nos propres fenêtres ? Nous ne pouvons pas la voir, parce que nos habitudes quotidiennes nous ont aveuglés et parce que nous nous satisfaisons des banalités communément acceptées qui expliquent l’existence de chaque bâtiment et de chaque bruit issu de la ville ? Prisonnier d’une immense salle, la bête hurle à s’en déchirer la gorge et nous n’y prêtons jamais attention. Ce ne sont là que les bruits de la ville.
Veux-tu ouvrir tes perceptions à un autre monde ?
Assieds-toi devant ta fenêtre et inspecte méticuleusement le voisinage, jusqu’ à l’horizon. Trouve un grand bâtiment et regarde attentivement la ville. Observe-la, et pense autrement. Et bien sûr, place un filtre devant tes yeux, afin de pouvoir voir le véritable visage du monde.
Ensuite, quand tu sortiras pour te promener, observe attentivement, une fois encore. Jusqu’à ce que tu voies.
Les filtres changent notre perception de la réalité. Parfois, la frontière entre la réalité et les produits de notre imagination s’estompe. Parfois nous sommes capables de voir quelque chose que la plupart des gens ne remarquent pas. Et parfois, nous pouvons voir, ou plutôt reconnaître, Ceux qui Voient. Et alors eux aussi nous reconnaissent.
C’est comme un jeu de plateau dont le plateau est le monde qui nous entoure, la réalité, tout ce que nous pouvons voir. Une rue. Un quartier. Un couloir de cave. L’intérieur d’un bus. Le paysage d’un tableau accroché au mur. Ce que nous voyons par la fenêtre.
Concentre-toi et libère les produits de ton imagination dans le monde. Laisse-les se combiner. Superpose-les à la réalité perceptible. Superpose-les comme on superpose deux films pour créer un montage photo. Crée un montage de la réalité en la combinant avec ton imagination. Joue sur le plateau de ton environnement avec les pièces que tu vas chercher dans ton esprit. Vois-le. Joues-y, expérimente-le et décri-le. Amène l’espace-temps réel à entrer en collision avec ton imagination. Trouve la source de tes rêves.
Ce que tu vois et expérimente sera bien plus choquant et incroyable que si tu jouais uniquement dans ton imagination. Dans les murs de nos maisons, nous ne pourrions jamais rendre un scénario aussi authentique. Maintenant, les détails de notre grisâtre vie quotidienne surgissent devant nos yeux dans toute leur réalité, toute leur tangibilité, à côté des horreurs nées de notre esprit.
L’effet est assez vague au premier abord, mais tu finiras par visualiser. La fantasmagorie deviendra plus vivante, ses contours plus nets sur le plateau de notre monde, dans lequel nous nous déplaçons chaque jour. Elle gagnera plus de couleur, de tangibilité et de profondeur, et elle se nourrira de notre environnement. Entendre une histoire ne suffit pas pour la ressentir. Pour la ressentir, il faut être là, à ce moment précis, bien présent, et voir ! Il faut la vivre ! Ou au moins en ressentir l’essentiel, c’est-à-dire tout ce qui avait formé cette scène, à l’exception de l’élément né de notre imagination, que nous ajoutions à l’ensemble, que nous lui superposions. Quand nous sommes dehors, entourés par des bâtiments réels, les bruits de la ville, les rafales de vent, alors la scène visualisée nous frappera comme un boulet de canon. Elle deviendra réelle.

La nuit est le royaume de l’imagination. Adonne-toi de nuit à la fantasmagorie. Quand tu te déplaces dans la ville, en marchant, en conduisant, en prenant le bus en taxi ou en train. Bien sûr, joue aussi pendant la journée. Mais la nuit, c’est plus présent, le monde entier devient mystérieux, se mêlant à l’irréel, au monde des rêves. La nuit, les spectres et les monstres ignobles, déguisés, se cachent parmi les gens sous le couvert des ombres.
La meilleure manière de filtrer la réalité qui nous entoure est de susciter un état de paranoïa ou de schizophrénie contrôlée. Tu vois quelque chose et tu te dis : c’est ça. Tu peux voir la véritable profondeur des choses, la face cachée du monde, le vrai visage des monstres et des mystères qui vivent déguisés dans notre monde. Tu peux voir à travers tout cela, percer leur camouflage. Tu commences à remarquer des détails qui avaient été cachés à ta vue.
Pendant que tu marches dans la ville, autour de toi, à portée de main, il y a toutes sortes de sujets de mystères et d’aventures des plus intéressants. Tu n’as qu’à en saisir un et à le laisser se déployer. Tu commences le jeu de la fantasmagorie et la démence ouvre grand sa gueule béante…
La fantasmagorie peut consister en une série d’expéditions vers le même endroit. A chaque fois nous découvrons d’autres détails, vivons de nouvelles expériences et de nouvelles aventures fantasmagoriques. Il suffit d’avoir les yeux grand ouverts et de ramasser les miettes de cette autre face de la réalité. Ne te laisse pas berner par ce paradigme si simpliste et répandu, qui veut que les gens soient tout à fait aveugles à tout ce qui semble sortir de l’ordinaire.
Essaie-le toi-même, bien que cela soit probablement difficile au début. Observe comment tu pêches de ci de là des thèmes potentiels dans ton environnement et regarde les interprétation surgir dans ta tête, observe-toi, en train d’explorer, de les étendre, de les développer. »

Je suppose que vous avez déjà compris ce que je vous propose… A vous ! Promenez-vous et laisser votre imagination se déployer sur la réalité, inventez de nouvelles façons de voir le réel. Une promenade à pied, un trajet en voiture, un regard vers l’extérieur quand le cours est ennuyeux, une simple discussion entre amis, une image sur le web… Que pourrait-il se cacher derrière tout ça ? Et ensuite, un petit texte sur le forum pour nous faire part de vos aventures…
Amusez-vous bien !
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San

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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Mer 5 Déc - 10:47

Aah, mais je connais ça ^^
Lors de mon trajet en bus quotidien à Caen, je passais devant 2 maisons de sorcières, une maison où le temps et le temps (time and weather pour les différencier) n'étaient pas les mêmes, les feuilles en automne étaient le passage des Petits Êtres, sans compter le phénix de la fac, un grand ami qui donnait chaque jour de bons conseils. (Le pauvre, en ce moment il est peint en blanc, ça ne lui va pas du tout)

A Brest, c'était... j'étais en collocation, on vivait dans un Phare, on avait une petite terrasse pour l'envol des dragons. Brest, ville où les grues ressemblent étrangement à des dragons, où d'immenses entrepôts rodent en contrebas du centre ville. Brest, ville où l'on peut voir des renards s'affairer la nuit. Au pied de notre immeuble, en plein centre ville, un bout de l'arsenal, des vieux entrepôts aux toits en tôle ondulée, des escaliers chevauchant les mondes dans des falaises aux parois verticales (véridique il y en a partout à Brest, tous condamnés bien sûr), une forêt en face de ma fenêtre (une paroi abrupte couverte de chênes et de lierre).
Oui, j'aime, j'adore même faire ce petit exercice!

J'ajoute même une petite option à cet exercice, trouver la preuve en image ^^

Voici donc Brest, pays des dragons et des vents marins :


Un des nombreux souterrains de la ville :


La vue de mon ancienne chambre ( on reconnait même mon pc!):

C'est une vue de centre ville... un forêt aux portes de la ville!


Les nuits hivernales, je dors dans un château perché en haut d'une falaise où souffle le vent et où gronde la mer...

Et au printemps, avec Miss Lucile, on trouve dans la forêt des fées prêtent à s'endormir...

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Lucile
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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Jeu 6 Déc - 0:38

C'est vrai que Caen est une cité très évocatrice, et je ne manquerais pas de mettre mes propres impressions, entre les cimetières enfouis sous la végétation et les portes ouvertes sur de mystérieuses arrière-cours... Mais je veux savoir où sont les maisons de sorcières!!

Quant à Brest, c'est l'alliance entre la terre et la mer qui la dévore. je me souviens de ces fameux entrepôts, dans le no man's land de l'arsenal. Je me souviens des phares "paradis", "purgatoire" et "enfer", de Pern au bout de l'île de Ouessant... je suis sûre que tu as d'autres photos! Si tu pouvais en prendre des escaliers à flanc de falaise, j'aimerais bien les voir!!

Quant aux forêts... Cette fée vient de Grimbosq, où je ne me perds systématiquement à chaque fois, où nous avons enterré Jasra, guidées par des feuilles mortes en suspensions dans les airs. Je dois forcément parler de Huelgoat avec son chaos, Le Val sans retour à Brocéliande où nous avons tourné vraiment en rond, prisonniers de Viviane et puis la forêt du Menez Moeur, avec ses arbres cherchant tellement la lumière que leurs troncs rampent horizontalement (Kamui, tu as pas des photos?), et bien sûr St-Sever, ses tranchées où les géants de granit font des roulades, ces cercles de racines apparentes, les maisonnées d'un peuple liliputien sous les conifères, les mares où s'ébattent les fées... mais des explications ultérieures viendront!
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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Jeu 6 Déc - 10:49

Aaah Ouessant! Je suis tombée vraiment amoureuse de cette ile! Il ne faut pas y aller en été, c'est plein de touristes, mais en hiver... Personne sur les petits chemins qui longent les côtes, les moutons en liberté qui ne s'effraient pas à ton passage, le vent, la mer, la terre.
Je logeais quasiment au pied du phare du Creac'h, un beau grand phare rayé de noir et de blanc. Une nuit de tempête, alors que les bateaux étaient tous restés au port pour 3 jours consécutifs, je suis allée au pied de ce phare. Tout le paysage était devenu spectral, avec ces immenses faisceaux qui donnaient à la terre des reliefs noirs et blancs, tandis que la mer se déchainait sur la falaise.
Ce fut un de mes moment-ha les plus intenses. Je suis sure que si je me trouve face à un Détraqueur je penserai à ce moment pour créer un Patronus ! (Harry Potpot quand tu nous tiens)
Des silhouette et des visages gravés dans la roche, tournés vers le large, attendant les âmes perdues en mer, de l'écume des vagues ou des morganes, des herbes hautes qui se courbent sous le vent ou des farfadets qui se faufilent, c'est vraiment une ile magique.
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Lucile
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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Dim 9 Déc - 19:33

je voulais vous citer un passge de C.Singer que je viens de lire:

"je remarque que la fréquentation des musées (sans que mon assiduité se soit relâchée) a perdu la fonction qu'elle revêtait pour moi. Les chefs-d'oeuvre étaient, si j'ose un barbarisme, les lunettes que je venais chausser pour voir. Autant d'apparitions, autant d'épiphanies: un arbre! Une porte cochère! Une lettre chiffonnée! Un visage! Où ces géniaux artistes allaient-ils chercher ces merveilles? Aujourd'hui, je n'ai plus besoin de la maestria de Chardin pour découvrir à la table qu'on délaissée les convives, la beauté d'une nappe froissée".

Voilà!
C'est amusant, non, comme on peut avoir besoin du regard d'un artiste pour redécouvrir notre monde, et être capable de s'émerveiller! Je trouve que les photographes sont très habiles pour ça, capables de faire d'un endroit "banal" des photos magnifiques inspirant le mystère, l'étrangeté, en jouant sur les prises de vue, les lumières.
J'avais aussi été frappée par cela en voyant l'affiche de l'exposition organisée par san au musée de Vire, sur les natures mortes. Leur brioche... eh ben elle est plus appétissante qu'une brioche! (San, t'a pas une photo? J'arrive pas à la trouver sur le net!!)
D'ailleurs, le Chardin dont parle C.Singer est un spécialiste de la nature morte, je pense que le tableau dont elle parle est celui-ci:


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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Ven 14 Déc - 19:58

J'ai vu sadako (le perso qui fait peur dans Ring) dans le RER... Une fille aux longs cheveux noirs se brossait les cheveux en les faisant tomber devant son visage...flippant.

Ce genre d'expériences est assez déroutant car la peur peut naitre en 2 secondes quand on relâche ses défenses et sa vision du monde. Tout d'un coup, on ne sent plus maitre de ses émotions et l'on revient à un état primaire (fuite pour sa survie,...)
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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Ven 14 Déc - 20:02

Oui!!!
ca m'arrive aussi les défenses qui tombe et pendant quelques secondes on se dit: "et si en fait...." et là on se fait peur!
ca m'est arrivé dernièrement quand quelqu'un m'a mordu et je me suis dit: "tiens ca doit faire ça quand un zombi te mord et t'arrache la chair" et l'espace de quelques millisecondes, j'ai vraiment eu peur comme si un zombi m'attaquait et commençait à me manger!! c'était vraiment étrange et flippant!
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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Dim 16 Déc - 11:44

Alors dans l'ordre, voici donc la fameuse affiche qui a tant plu à Miss Lucile:

Effectivement, si ce tableau est de Fouace et a ravi les pupilles et les yeux de beaucoup de visiteurs, nous avions au musée un tableau de Chardin. Chardin a réussit à montrer le banal, les tables des petites gens avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité. Fini les natures mortes aux milles sens, avec lui on découvre que le quotidien est beau.


Je me permets d'en proposer une autre de Théodule Ribot. Je sais qu'elle n'est pas de très bonne qualité (j'ai pri une photo du catalogue d'exposition) mais c'était un de mes tableaux préférés durant cette exposition. Quand on le voit dans un premier regard, on voit effectivement une gourde en terre cuite et un plat avec des oeufs au plat ainsi qu'une fourchette. En s'attardant un peu plus on remarque le dossier de la chaise entre les deux plats. En regardant encore mieux on aperçoit un verre à droite, à peine peceptible dans l'ombre du tableau et enfin, si on reste encore plus longtemps on voit 3 miettes dans le bas du tableau.
C'est un tableau que j'expliquais aux enfants, et même si il n'est pas facile dans un premier abord, un tableau clair-obscur donc sombre, il venait en deuxième position dans le classement des tableaux préférés. Le voici donc.





Et concernant les rencontres étranges de Sil avec Sadako, il m'est arrivé deux histoires de ce type où l'on se demande si la fiction de l'écran n'a pas pénétré la "vraie" vie.

La première à la fac de lettres. Pour le contexte on venait avec Miss Lucile de s'aligner The Ring et Dark Water, donc pour résumer un compte à rebours de 7 jours avant sa mort et de l'eau qui envahit tout avec une petite fille morte dedans.
9h55 environ donc, quelques jours après avoir vu The Ring (aaah il en me reste plus ue 3 jours à vivre!) dans un des plus vieux bâtiments de la fac, heure d'affluence avant la pause et pourtant personne dans les couloirs du sous sol en direction des amphis. Et là, un vieux néon pend en émettant des bruits d'agonie, le plafond défoncé dans un angle... avec de l'eau qui en coule. Diantre, j'ai préssé légèrement le pas!

La deuxième fois, ce fut à cause de mon chat. Elle avait ses chaleurs et émettait comme tous les félins femelles de la Terre des miaulements extatiques. Je m'apprêtais à monter l'escalier, elle en haut, quand elle m'a appelé. Ca donnait quelque chose du genre : "Ooowééééhiiii" (pour Aurélie, oui, elle roule les R). Certes, je sais bien que si je m'étais appelée Bernadette, le miaulement de mon chat ne m'aurait pas fait marquer un temps d'arrête dans les escaliers. Mais se faire appeler par son prénom par son chat, c'est flippant quand même.
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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Lun 7 Jan - 22:38



Depuis que je suis agent recenseur, j’ai vu des choses assez étranges. Normal, c’est mon job d’aller fureter dans les coins, de deviner si les maisons sont occupées ou abandonnées, si il y a des habitations au bout de chemins que je n’aurais jamais pensé à emprunter auparavant. J’ai vu des endroits magnifiques comme cela, des demeures que j’aurais rêvé d’habiter, perdues au fond d’un bois ou hissées sur des promontoires offrant une vue impressionnante. Si tant est que vous trouviez le bocage normand impressionnant ! J’ai vu des bicoques dont j’hésite à dire si elles sont encore habitées, des masures délabrées à peine discernables au milieu d’un dépotoir inommable où des chiens erraient, aboyant sur le moindre promeneur.

Mais cela… ce que j’ai vu aujourd’hui, jamais je n’aurais soupçonné le rencontrer si près de chez moi.

Tout a commencé simplement, je repérais les maisons de part et d’autre de la départementale qui surplombait la Vire, travail de fourmi, qui me contraignait à m’arrêter tous les dix mètres. La route serpentait à flanc de coteau, la vallée en contrebas était à la fois magnifique et légèrement glauque, avec cette rivière coulant au milieu de champs détrempés, ponctués d’arbres décharnés. La fine bruine qui tombait et rendait mes vitres opaques ajoutait une touche mystérieuse à ce paysage de campagne d’hiver. Je ne sais pas si vous connaissez un peu le folklore du bocage, ou si votre enfance a été, comme la mienne, empreinte d’histoires de rebouteux et autres toucheux. Mais des endroits pareils se prêtent parfaitement comme décor à ces légendes.
Au décours de mon parcours, je remarquais une route qui descendait vers la vallée, alors que je distinguais quelques bâtiments dans la brume. Un panneau métallique y indiquait une usine de quincaillerie. Je cherchai sans succès cette route sur le plan du cadastre que la mairie m’avais fourni ; elle n’avait pourtant pas l’air récente…Pourquoi donc cette usine n’était pas mentionnée ? C’était à première vue un groupe de bâtiments assez importants pour être notifié sur une carte… Je décidai d’aller voir de plus près ; si il y avait un logement de fonction dans ce coin, j’étais tenue de le repérer.
Au bout de quelques mètres, l’ensemble se précisait en sortant du brouillard, et quelques secondes plus tard j’entrai au milieu d’une cour, entourée de différents entrepôts visiblement à l’abandon. La seule issue se trouvait derrière moi, le chemin qui continuait étant largement envahi par la végétation. Je remarquai tout de même quelques véhicules, qui semblaient avoir été utilisés assez récemment. Je décidai de descendre jeter un coup d’œil. Je l’avoue, cet endroit titillait agréablement ma curiosité.
J’ouvrais donc ma voiture, et à ce moment un grondement assourdissant me surpris. La rivière passait là, visiblement utilisée pour produire de l’énergie et je n’avais pas entendu dans ma voiture, le bruit des flots s’engouffrant dans les petites écluses aménagées un peu plus loin. Légèrement tendue par la surprise, je décidai de fermer ma voiture avant d’entamer mon exploration, serrant la clé dans ma main… pas question de la perdre ici. Je pris aussi une enveloppe contenant les papiers du recensement, au cas où.
Rapidement, je fis le tour des bâtiments sans oser y pénétrer. Nul gardien ne vint à ma rencontre, peut-être ne m’avait-il pas entendue, avec ce bruit. Il était assez oppressant d’explorer cet endroit, sans rien entendre que ce son, et je me retournais fréquemment, sachant que je ne pourrais pas entendre les bruits de pas de quelqu’un derrière moi.
Finalement, j’avisai un toit et des cheminées derrière un bosquet d’arbres, sur un flanc de coteau non occupé par un bâtiment de l’usine. En m’approchant, je distinguais comme un chemin entre les arbres, qui semblait mener à cette habitation, même si l’herbe qui poussait indiquait qu’il n’était pas emprunté fréquemment. Néanmoins, elle avait été aplatie par un promeneur précédent, ce qui traçait la légère sente que j’avais remarqué. Il était possible que des gens résident en ces lieux, et je me devais d’y jeter un œil. Je passais au-dessus des petites écluses pour y accéder ; à cet endroit le bruit était plus assourdissant que jamais, ce qui n’était pas pour me rassurer. Certains d’entre vous savent peut-être que je suis particulièrement sensible au bruit, et que les sons à haut décibels m’insupportent réellement.
Je continuai donc sur la sente, écartant les branches d’arbres trempées qui empêchaient ma progression, les ronces qui s’accrochaient à ma veste et à mon jeans. Mes baskets furent bientôt détrempées par l’humidité du sol, et je pestais silencieusement en sentant mes pieds mouillés.
Mais ces considérations bassement physiques s’estompèrent vite quand je débouchai sur le haut de la colline. Une bâtisse impressionnante me surplombait de toute sa hauteur. Je remarquai vite qu’une partie était écroulée et qu’il ne restait que les poutres de soutenement calcinées. Un incendie avait du ravager ces lieux plusieurs années auparavant. Je commençais à la contourner, apercevant les restes d’un foyer au sol, la carcasse d’une voiture dans les herbes folles. Je me demandais bien comment elle avait pu atterrir là, certainement pas par le raidillon que j’avais emprunté !



J’aboutis rapidement vers l’entrée magistrale des lieux, une volée de marches menant à un hall, dont les quelques carreaux brisés au sol témoignaient de l’ancienne beauté. Une vitre était demeurée intacte sur une large fenêtre, maintenue par des circonvolutions en fer forgé. En la coutournant de l’autre sens, je vis les restes d’un escalier de bois ouvragé qui menait à ce qui avait du être une terrasse, surplombant la vallée. Les restes de cette splendeur passée me laissait cependant en arrière-goût une amertume assez agressive derrière la simple nostalgie. J’avais comme l’impression de me trouver sur les lieux d’un drame. L’incendie avait peut-être été criminel…
J’imaginai rapidement les cris d’effroi et de souffrances des habitants parmi les flammes, leurs âmes tourmentées errants sur les lieux, recherchant sans fin un pyromane qui ne reviendrait pas.
Des ouvertures béantes au niveau du sol laissaient entrapercevoir l’intérieur, quelques outils abandonnés, une poussière blanchâtre. Curieuse, mais pas téméraire… Il m’était trop difficile d’oser entrer seule. J’y reviendrai peut-être… mais accompagnée. Soulagée d’avoir pris la décision d’y revenir plus tard, je repartis à grandes enjambées vers le raidillon. Je jettai instinctivement un dernièer coup d’œil vers l’étrange demeure. Elle semblait me regarder, me narguer. Oh oui, je m’avouai vaincue. Pour cette fois.
Qui m’accompagnera ? A vous de me le dire…
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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Mar 8 Jan - 13:09

MOIIIII ! Moi ! Moi ! Je veux venir! ça me rapelle un peu quand on allait visiter les souterrains de Brest, tu t'avances vers un point que tu ne connais pas, invisible. Bigre! A deux on y arrivera mieux!
Bien joué petite furteuse Smile
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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Mar 8 Jan - 13:59

je n'en attendais pas moins de toi!

Et pourquoi pas un weekend furetage à Vire pour tous les apprentis aventuriers? Je propose le gîte et le couvert! Au programme, diverses maisons hantées et/ ou abandonnées, la vallée de la vire côté pont es retours, la vallée côté gorges de la Vire, randonnée nocturne vers les cascades (ou le bois derrière si on est moins téméraires)... je vais voir si je peux pas trouver autre chose, les suggestions sont les bienvenues!!

Pour finir mon histoire, j'ai appris le soir même que ce manoir avait brûlé à deux reprises. La première fois était apparemment accidentelle, puis l'endroit a été squatté par des jeunes ou des SDF. Puis le feu y a été mis, il y a environ 7 ans. C'était apparemment plus volontaire parce que la police a mis l'endroit et les berges de la Vire aux alentours sous scellés... mystère mystère...
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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Mar 8 Jan - 18:19

MOI AUSSI JE VEUX VENIR ! MOI AUSSI JE VEUX VENIR !

Ben oui je suis curieuse, et alors ?

P.S : bravo pour ton récit, il est passionnant
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MessageSujet: Re: un nouveau regard sur le monde...   Mar 8 Jan - 18:22

Carrément, tu es la bienvenue!
Tu es plus aventureuse que tu le dis ;-)!!
Si tu connais des coins à forte réputation autour de Vire, n'hésite pas à m'en faire part!

il y a une maison aussi où aurait habité un sorcier, un homme à la réputation sulfureuse en tout cas, mais je ne pense pas qu'il y a grand chose à voir, à part un pentacle dans la pierre au dessus du seuil. Je crois qu'il avait un château pas loin de vire, plus près de l'Orne... je vais enquêter...
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