Les Havres Gris

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 Rule of Rose

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Lucile
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MessageSujet: Rule of Rose   Mar 8 Jan - 15:45

Vous avez dûr remrquer que j’ai rajouté « jeux vidéo » à « sites internet ». Mais, vous aller me dire, que font les jeux vidéos dans un site comme celui-ci ? Et bien… parfois les jeux vidéos nous plonge dans des ambiances de perte de repères (moraux, spatiaux, temporels) assez dérangeante, ou propose des ambiance et des gameplays novateurs, ou explorent des thèmes métaphysiques assez évidents.
Vous êtes en train de vous dire « je la vois venir, elle va encore nous bassiner avec Final Fantasy ! » Et bien non ! (Ou pas encore….)



Je voulais vous présenter aujourd’hui Rule of Rose.
Les tests sont légions sur le net, donc je vous en propose un qui me plait assez, avant de vous donner ma propre opinion ! J’espère aussi que Kamui et Edward nous dirons eux ce qu’ils en ont pensé, et pourquoi pas leur interprétation de l’histoire (à signaler en spoilers évidemment…), en espérant que ça vous donne envie d’y jouer !

1930. Orphelinat Rose Garden, Angleterre. Cela aurait pu être le contexte d’un roman policier macabre, ou d’une simple boucherie animale. Ce sera finalement le lieu clé d’un conte pour enfants écrit par des adultes. Tout n’est pas glacial, et tout n’est pas non plus rempli de chaleur humaine. Rien qu’une immense ambivalence entre le réel et le fantasme, le pragmatique et le délirant, le sadisme et le masochisme, l’innocence et la perversion, le génie narratif et la nullité ludique. La PlayStation 2 accouche d’un titre décidément pas évident à capter.
Parce qu’il oscille sans vergogne entre le rêve, le cauchemar, la réalité et les souvenirs retrouvés, décanter quelques lignes pour introduire l’histoire de Rule of Rose apparaît encore plus futile qu’à l’ordinaire. Révélons tout de même que le point de départ se veut l’arrivée de la jeune Jennifer dans un orphelinat, où les résidentes feront leur maximum pour instaurer un climat angoissant et antipathique. Ici, un gang de petites filles, aristocrates autoproclamées, va dicter ses règles de vie en imposant sa propre idée de la hiérarchie sociale.


le Club des Aristocrates, adeptes du bizutage pervers. forcément, on commence en bas de l'échelle...


Ce jeu pose un problème épineux comme la fleur qui l’illustre : le décalage entre une atmosphère soutenue et un schéma narratif complexe d’un côté et des qualités purement ludiques qui lui font défauts de l’autre (note de moi : je passe sur les critiques de sa jouabilité. Retenez qu’on joue une pauvrette assez nulle pour se battre. A savoir qu’il y a très peu de combats)
Le jeu vidéo utilise depuis longtemps le contraste entre la fragilité du protagoniste et les dangers qu’il coure. On incarne donc depuis longtemps autre chose qu’un Rambo déchaîné, héros ou héroïnes aux qualités dites humaines et d’une nature profondément non violente sont désormais légion. Orpheline réservée dans l’Angleterre des années 30, Jennifer en fait évidemment parti. Ici, aucun coup de feu ne sera tiré avant le clap de fin, Jennifer préfère déchiqueter au couteau sans regarder ce qu’elle fait ou trancher mollement au hachoir, le tout maladroitement et avec une certaine raideur, disons dans la colonne vertébrale.
La mise en scène n’utilise aucune ficelle grotesque de film d’épouvante pour faire sursauter. Juste un climat feutré, camouflé, étouffant, parfois moins liberticide lors des rares passages en extérieur. On peut parler "d’horreur tranquille".


Et voici la fameuse Jennifer, accompagné de son chien Brown qui nous aide pas mal... effectivement assez pauvrette! Pour dire, elle se cache le visage quand elle donne un coup, pratique n'est-ce pas?


Les accusations des députés UMP Bernard Depierre (Côte d’Or) et Lionel Lucca (Alpes-Maritimes), taxant le jeu de de "nazisme ordinaire" dans lequel il s’agirait pêle mêle de "violer un bébé de sept mois" ou "une gamine de cinq ans" font véritablement froid dans le dos, bien plus que le jeu lui même. Et cela quand bien même les joueurs sont habitués à recevoir les coups bas les plus puérils et opportunistes de la part de ses détracteurs, quelque chose ici va clairement trop loin dans la diabolisation grotesque de notre média. On ne reviendra pas sur l’origine de ce désastre médiatique, les députés répétant bêtement une critique déplacée du journal Italien Panorama, toutefois on aimerait entrevoir un acte de repentance, un simple déni de diffamation de la part des auteurs de ces diatribes. Chers messieurs les députés. Vous qui n’avez probablement jamais tenu un Dual Shock et donc encore moins joué au jeu qui vous sert de cheval de bataille sur les vastes plaines de la bienpensance, laissez-moi vous raconter une histoire. Une histoire d’amour. Il faut aller jusqu’au bout pour le comprendre, mais Rule of Rose, est une profonde, mémorable et touchante histoire d’amour. Amour possessif entre deux petites filles orphelines dont l’union, qui se voulait éternelle, n’a pas résisté au temps. Amour exclusif entre une jeune fille et un chien. Amour pour la nostalgie du passé, amour pour les tâches du présent, et amour pour le rayon de soleil de l’avenir.


et voici une scène d'érotisme entre enfants si décriée... si vous avez fait des bisous à vos amis quand vous étiez petits, vous étiez pervers, si si!


Les furiganas qui servent de socle au logo principal nous rappellent que Rule of Rose, malgré son contexte british et son ambiance feutrée des années 30, est une production japonaise. Et lorsqu’on l’a fini, c’est quelque chose qui ne fait aucun doute. Définitivement, les Japonais s’affirment encore comme les plus surprenants et les plus subtils conteurs que le jeu vidéo connaisse. Rule of Rose est une expérience. Et quelle que soit la verve que l’on peut déployer pour communiquer l’excellence et les émotions inattendues qui se dégagent de son script et de sa narration hors du commun, c’est un mauvais jeu vidéo (note de moi : au niveau jouablilité. C’est sur que si on veut dégommer du zombi ou voir du bon vieux gore, c’est pas ce jeu qu’il faut essayer), que les choses soient claires.


Notre Jennifer est plutôt maso. Ca tombe bien, les gamines en face sont sadiques!


Rule of Rose fait partie de ce cercle de jeux vidéo qui se permet de réserver son bouquet final à ceux qui auront su remplir certaines conditions. Car tout dans Rule of Rose, du moindre petit ennemi aux symboles et attitudes des protagonistes, puise sa source dans quelque chose de rationnel, dans les souvenirs perdus de Jennifer. Bien que fondamentalement prévisible pour qui a l’habitude de ce genre de dénouement à la David Lynch, oscillant entre le factuel et le fantasmagorique, le scénario de Rule of Rose relève surtout du génie dans sa façon de mettre en scène les événements, de distiller les indices avec parcimonie, le plus souvent par métaphores. Rule of Rose est en effet construit comme une série de contes malsains. Fables des frères Grimm revisitées, anthropomorphismes glauques façon La Fontaine, et toute une série de jeux interdits. Rule of Rose met en lumière les nombreuses faces d’une âme d’enfant, dans toute la pureté de sa candeur, dans sa volonté de grandir, dans le mimétisme de son modèle, dans son abnégation amicale et amoureuse… mais aussi, et c’est ici que le coté pervers prend tout son sens : dans ses vices, sa cruauté, sa méchanceté gratuite, son communautarisme et son exclusion, sa solitude, ses regrets, son sadisme. Jennifer est l’instrument passif de l’acharnement de ces enfants maudits, avec une soumission toute masochiste. Jennifer gémit, blêmit, est ceinturée, ligotée, humiliée, torturée. Et avec panache. Et puis ça et là, la mise en scène, déjà émoustillée par ces scènes où s’exerce sans pudeur un rapport de domination/soumission, s’amuse à éveiller quelques soupçons, comme les caresses du vieux directeur envers une orpheline de 16 ans. Rien que des soupçons et du suggestif, bien sûr.

Sans donner raison aux délires pédo-pornographiques de nos amis les députés, on ne niera pas pour autant le côté pervers du script d’un studio de développement qui lâche lui même, dans un entretien avec Gamasutra, les termes "d’érotisme" et de "sexualité" des enfants. On parle quand même de nos amis Japonais, lesquels, et ceux qui connaissent un peu le Hentai sauront de quoi je parle, ont d’ailleurs moins de scrupules que les Occidentaux lorsqu’il s’agit de mettre en scène des enfants en bas âge (Lolita Complex). Ayant terminé le jeu, j’aurais tendance à penser qu’avec le recul, la dose de perversion distillée le long de l’aventure n’est rien d’autre qu’une série de fausses pistes, tant la conclusion se veut émotionnellement fantastique, pure, belle et déchirante. On accuse les développeurs d’avoir monté une trame perverse, alors que le seul goût du vice ne s’est jamais trouvé ailleurs que dans l’esprit du joueur qui interprète certains signaux. Rule of Rose, fait parti d’un cercle très restreint. Celui des jeux suffisamment intelligents et menés de telle sorte qu’il nous prend littéralement à revers. Il met en avant nos faiblesses, les révèlent au grand jour avec une maestria insoupçonnée. Rule of Rose se veut intime, il aborde les relations intimes sous toutes ses formes. Le reste n’est qu’interprétation. Accoler de l’érotisme ou de la sexualité sur une scène où deux petites filles, qui jouent au prince et à la princesse, se regardent tendrement en se frottant le visage, ne concerne que des yeux d’adultes. Rule of Rose veut démontrer que si le monde des adultes vu par des enfants paraît obscur, l’inverse peut également se révéler vrai.



Voici l'orphelinat où tout se passe... ça donne envie, non?


Voilà ! J’espère que tout cela vous aura donné envie. Rattacher ce jeu à la catégorie des survival horror est complètement déplacé : ici il ne s’agit pas tant de survivre ou d’avancer dans l’histoire(ce qui n’est pas bien difficile) que de réussir à retrouver tous les indices qui permettent de reconstituer ce qui s’est réellement passé dans l’histoire de Jennifer, hors de la version fantasmée, cauchemardée qu’elle nous donne à voir. Tout l’intérêt réside dans cette quête, quand on comprend peu à peu que la réalité du jeu n’est pas la réalité « normale » et commune, et qu’on collecte ensuite des éléments pour se faire son interprétation de la réalité. Et puis les discussions passionnantes entre joueurs à ce sujet !
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Lucile
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MessageSujet: Re: Rule of Rose   Ven 11 Jan - 19:10

une vidéo de l'intro, qui résume bien l'ambiance du jeu:

https://www.dailymotion.com/relevance/search/rule+of+rose/video/xchfz_rule-of-rose_news

Pour ceux qui veulent on peut se faire une après-midi et une soirée rule of rose, ce jeu se finit en 10h. et ça se joue sur PS2!
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San

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MessageSujet: Re: Rule of Rose   Ven 11 Jan - 19:18

Moi moi moi ^^ et une petite balade pour accompagner cette journée, hum, chouette!
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Lucile
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MessageSujet: Re: Rule of Rose   Mer 16 Jan - 18:27

Mon frère Martin vient de me montrer la bande annonce d'un film, qui sortira en mars prochain, qui rappelle curieusement Rule of Rose:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18792552&cfilm=128364.html

Bien sûr, ce film s'appelle "l'Orphelinat", et son metteur en scène n'est autre que ...Guillermo Del Toro. Ca vous dit forcément quelque chose, non? Le labyrinthe de Pan! Del Toro signe encore un film qui voltige à la frontière entre le réel et l'imaginaire. Vous devriez voir dans la bande annonce de nombreuses séquences qui rappellent Rule of Rose d'ailleurs.

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pelote

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MessageSujet: Re: Rule of Rose   Jeu 24 Jan - 19:39

Désolée de ne pas avoir répondu plus tôt mais je suis d'accord avec San, pourquoi pas un WE ou une journée fules of rose et petite ballade ?
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Lucile
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MessageSujet: Re: Rule of Rose   Ven 25 Jan - 0:44

voui, faut qu'on se programme ça!

aprem au manoir qui me fout les pétoches (non non on n'y va pas de nuit, nan mé!! vous voulez que je perde ma santé mentale au passage??) et soirée sur rule of rose!

envoyez-moi par mail vos weekends dispos sur février mars et avril que j'en cale un! tous ceux qui veulent venir sont les bienvenus!

quant au manoir... je passe devant assez souvent avec le recensement. étrangement, j'ai toujours un frisson dans le dos quand je suis dans le coin... le bocage humide, la brume, le cri des corbeaux, les arbres sans feuilles, les maisons abandonnées à moitié écroulées, cette batisse noire où il manque des murs...vous voyez le plan!
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