Les Havres Gris

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 Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder

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San

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MessageSujet: Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder   Ven 25 Jan - 12:19

Le Monde de Sophie est le premier livre qui m'ait ouvert les yeux, qui m'ait titillé ma curiosité à tel point que je m'en suis trouvée complètement chamboullée.

Je me souviens encore parfaitement de ce grand moment de désarroi, de solitude mais en même temps d'espoir et de quête qui s'était emparé de moi à la toute fin de ma lecture.
Un livre-ha. Un livre qui n'est pas sorti depuis de ma bibliothèque et de ma tête.

Je vais donc vous le présenter, à la manière d'Alberto Knox, le professeur de philosophie de Sophie.

Histoire :
Sophie est une adolescente tout ce qu'il y a de plus normal. Un jour elle reçoit un papier dans sa boîte aux lettres, un simple petit bout de papier où est écrit "Qui-es-tu?"
Bien sûr, elle sait qu'elle est Sophie... Mais qui est vraiment cette Sophie.
La jeune fille va ainsi recevoir de semblables questions, puis très vite des textes entiers sur les philosophes et leurs idées, en remontant le cours du temps, de Socrate à Freud en passant par Kant ou Descartes.
Dans une première partie elle reçoit les textes écrit par un mystérieux inconnu puis réussit quelques temps après à le rencontrer, le fameux Alberto Knox.

Je ne raconterai pas toute l'histoire, donc vous pourrez le lire sans une trop grande impression de déjà-vu.

Je réserve cette partie aux seuls textes, une autre partie "Commentaires du livre" sera réservée exclusivement aux commentaires pour ne pas faire trop de mélange "texte d'Alberto - questions de Sophie" et "opinions de chacun".


Dernière édition par le Ven 25 Jan - 12:59, édité 2 fois
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San

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MessageSujet: Re: Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder   Ven 25 Jan - 12:49


Qui es-tu?
D'où vient le monde?



Qu'est-ce que la philosophie ?

Chère Sophie,

Les gens ont toutes sortes d'occupations : certains collectionnent les pièces anciennes ou les timbres, quelques-uns s'intéressent aux travaux manuels ou au bricolage et d'autres consacrent presque tout leur temps libre à tel ou tel sport. Beaucoup apprécient aussi la lecture. Mais tout dépend de ce qu'on lit. On peut se contenter de lire des journaux ou des bandes dessinées, n'aimer que les romans ou préférer des ouvrages spécialisés sur des sujets aussi divers que l'astronomie, la vie des animaux ou les découvertes scientifiques. Si j'ai une passion pour les chevaux ou les pierres précieuses, je ne peux pas exiger des autres qu'ils la partagent. Et si je ne manque pas un reportage sportif à la télévision, cela ne me donne pas pour autant le droit de critiquer ceux qui trouvent le sport ennuyeux.

Et s'il y avait pourtant quelque chose de nature à intéresser tous les hommes, quelque chose qui concernerait chaque être humain, indépendamment de son identité et de sa race? Eh bien oui, chère Sophie, il y a des questions qui devraient préoccuper tous les hommes. Et ce genre de questions est précisément l'objet de mon cours.
Qu'est-ce qu'il y a de plus important dans la vie? Si l'on interroge quelqu'un qui ne mange pas à sa faim, ce sera la nourriture. Pour quelqu'un qui a froid, ce sera la chaleur. Et pour quelqu'un qui souffre de la solitude, ce sera bien sûr la compagnie des autres hommes. Mais au-delà de ces nécessités premières, existe-t-il malgré tout quelque chose dont tous les hommes aient encore besoin ? Les philosophes pensent que oui. Ils affirment que l'homme ne vit pas seulement de pain. Tous les hommes ont évidemment besoin de nourriture. Et aussi d'amour et de tendresse. Mais il y a autre chose dont nous avons tous besoin : c'est de savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons.

Le désir de savoir pourquoi nous vivons n'est donc pas une occupation aussi « accidentelle » que celle de collectionner des timbres. Celui qui se pose ce genre de questions rejoint en cela les préoccupations de toutes les générations qui l'ont précédé. L'origine du cosmos, de la Terre et de la vie est un problème autrement plus crucial que de savoir qui a remporté le plus de médailles d'or aux derniers jeux Olympiques.

La meilleure façon d'aborder la philosophie, c'est de poser quelques questions philosophiques : Comment le monde a-t-il été créé? Y a-t-il une volonté ou un sens derrière ce qui arrive? Existe-t-il une vie après la mort? Comment trouver des réponses à de telles questions? Sans oublier celle-là : comment faut-il vivre?
Les hommes se sont de tout temps posés ces questions. À notre connaissance, il n'existe aucune culture qui ne se soit préoccupée de savoir qui sont les hommes ou comment le monde a été créé. Au fond il n'y a pas tant de questions philosophiques que ça. Nous en avons déjà vu les plus importantes. Mais l'histoire nous propose différentes réponses pour chaque question. Il est également beaucoup plus facile de poser des questions philosophiques que d'y répondre.

Aujourd'hui, aussi, il s'agit pour chacun d'entre nous de trouver ses réponses aux mêmes questions. Inutile de chercher dans une encyclopédie s'il existe un dieu ou s'il y a une vie après la mort. L'encyclopédie ne nous renseigne pas non plus sur la façon dont nous devons vivre. Mais lire ce que d'autres hommes ont pensé peut nous aider à former notre propre jugement sur la vie.
On pourrait comparer la chasse à la vérité des philosophes à un roman policier. Certains croient que c'est Dupond le coupable, d'autres que c'est Durand. Quand il s'agit d'une vraie enquête policière, la police finit un jour par résoudre l'énigme. Bien sûr on peut aussi penser qu'elle n'y arrivera jamais. Mais dans tous les cas, il existe toujours une solution. Aussi pourrait-on penser que même si c'est difficile de répondre à une question, il y a une et une seule bonne réponse. Soit il existe une sorte de vie après la mort, soit il n'y en a pas.

La science a fini par résoudre un grand nombre de vieilles énigmes. Il fut un temps où la face cachée de la Lune était un grand mystère. Le débat n'aboutissait à rien et chacun laissait libre cours à son imagination. Mais nous savons parfaitement aujourd'hui à quoi ressemble l'autre face de la Lune. Et nous ne pouvons plus croire que la Lune est habitée ou qu'elle est un fromage.

Un vieux philosophe grec qui vivait il y a plus de deux mille ans pensait que la philosophie était née grâce à l'étonnement des hommes. L'homme trouve si étrange le fait d'être en vie que les questions philosophiques apparaissent d'elles-mêmes, disait-il. C'est comme assister à un tour de prestidigitation : nous ne comprenons pas ce qui s'est déroulé sous nos yeux. Alors nous demandons : comment le prestidigitateur a-t-il transformé quelques foulards de soie en un lapin vivant?
Beaucoup pensent que le monde est aussi incompréhensible que le coup du lapin qui sort du chapeau haut de forme qu'on avait pourtant cru vide. En ce qui concerne le lapin, on comprend qu'on s'est fait avoir. Mais comment il a fait, toute la question est là. Le problème est un peu différent quand il s'agit du monde. Nous savons que le monde n'est pas un tour de passe-passe car nous vivons sur cette terre et nous en faisons partie. Au fond, le lapin blanc qu'on sort du chapeau haut de forme, c'est nous. À la différence que le lapin blanc n'a pas conscience de participer à un tour de magie. Nous, c'est quand même différent. Nous nous sentons participer au mystère et aimerions bien comprendre comment tout ça est imbriqué.

P.-S. : Concernant le lapin blanc, la comparaison avec l'univers serait plus juste. Nous autres ne serions que de toutes petites bestioles incrustées dans la fourrure du lapin. Les philosophes, eux, essaieraient de grimper le long d'un des poils fins afin de regarder le prestidigitateur dans les yeux.
Tu me suis toujours, Sophie? La suite au prochain numéro.

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San

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MessageSujet: Une étrange créature   Ven 1 Fév - 12:02

Une étrange créature

Nous revoilà. Comme tu constates, ce petit cours de philosophie t'arrive par petits morceaux pas trop indigestes, j'espère. Voici quelques autres remarques d'introduction.

T'ai-je déjà dit que la seule qualité requise pour devenir un bon philosophe est notre capacité d'étonnement? Sinon, je te le répète maintenant : LA SEULE QUALITÉ REQUISE POUR DEVENIR UN BON PHILOSOPHE EST DE S'ÉTONNER. Tous les petits enfants possèdent ce don. Il ne manquerait plus que ça. Après quelques mois à peine, ils se retrouvent projetés dans une toute nouvelle réalité. Il semble toutefois que ce don de s'étonner se perde en grandissant. Pourquoi ça? Sophie Amundsen connaîtrait-elle par hasard la bonne réponse ? Reprenons : si un nourrisson avait su parler, il aurait sûrement exprimé son étonnement de tomber dans un monde étrange. En effet, même si l'enfant ne peut parler, il n'y a qu'à le voir montrer du doigt toutes sortes de choses et saisir avec curiosité tout ce qui lui passe à portée de la main.

Avec l'apparition du langage, l'enfant s'arrête et se met à crier « Ouah ouah ! » dès qu'il aperçoit un chien. Nous voyons l'enfant s'agiter dans sa poussette en levant les bras : « Ouah ouah! Ouah ouah! » Nous autres qui sommes un peu plus avancés en âge, on se sent un peu dépassés par cet enthousiasme débordant. « Oui, je sais, c'est un ouah ouah, ajoutons nous
d'un ton blasé, mais maintenant ça suffît, sois sage ! » Nous ne partageons pas sa jubilation. Nous avons déjà vu des chiens. Ce déchaînement de cris de joie se reproduira peut-être des centaines de fois avant que l'enfant réussisse à croiser un chien sans se mettre dans tous ses états. Ou un éléphant, ou un hippopotame. Mais bien avant que l'enfant ne sache parler correctement — et bien avant qu'il n'apprenne à penser de manière philosophique — le monde sera devenu une habitude.
Quel dommage ! si tu veux mon avis.

Mon propos est que tu ne dois pas faire partie de ces gens qui acceptent le monde comme une évidence, ma chère Sophie. Par mesure de sécurité, nous allons nous livrer à des petits exercices de l'esprit avant de commencer le cours de philosophie proprement dit.
Imagine-toi que tu te balades un beau jour en forêt. Soudain tu aperçois un vaisseau spatial sur le chemin devant toi. Un martien en descend et reste planté là à te dévisager... Qu'est-ce qui te viendrait alors à l'esprit? Oh ! peu importe finalement. Mais n'as-tu jamais été frappée par le fait que tu es un martien toi-même ? Les probabilités de tomber sur un être d'une autre planète sont faibles, je le reconnais. Nous ne savons même pas si la vie est possible sur d'autres planètes. Mais on peut imaginer que tu tombes sur toi-même. Il peut arriver que tu marques un temps d'arrêt et te sentes soudain tout autre. Cela peut se produire notamment lors d'une balade en forêt. Je suis un être étrange, penses-tu. Je suis un animal
fabuleux...
Comme si tu te réveillais telle la Belle au bois dormant d'un long sommeil. Qui suis-je? te demandes-tu. Tu sais seulementque tu rampes le long du globe dans l'univers. Mais l'univers, qu'est-ce que c'est?
Si tu te perçois de cette façon, tu auras découvert quelque chose d'aussi mystérieux que le martien de tout à l'heure. Tu n'auras pas seulement vu un de ces êtres qui peuplent l'univers. Mais tu auras senti de l'intérieur que tu es toi-même un de ces êtres étranges. Tu suis toujours, Sophie? Bon, on va faire une autre expérience :

C'est le matin, Maman, Papa et le petit Thomas de deux ou trois ans prennent leur petit déjeuner dans la cuisine. Maman se lève de table et alors... Papa profite de ce qu'elle a le dos tourné pour s'élever dans les airs et flotter sous le regard de Thomas resté assis. À ton avis, que va dire Thomas? Peut-être montrera-t-il son papa du doigt en disant : « Papa vole ! » Bien sûr cela le surprendra un peu, mais au fond ça ne l'étonnera pas outre mesure. De toute façon, Papa fait tellement de choses bizarres qu'un petit tour dans les airs au-dessus de la table du déjeuner ne change rien à ses yeux. Il le voit se raser chaque matin avec une drôle de machine, parfois même grimper sur le toit pour changer l'orientation de l'antenne de télévision ou encore plonger sa tête dans le moteur de la voiture et la
ressortir noire comme du cirage. Au tour de Maman à présent. Elle a entendu ce que Thomas a dit et se retourne d'un air décidé. À ton avis, comment va-t-elle réagir à la vue de Papa flottant au-dessus de la table de la cuisine? Elle laissera sans doute échapper le pot de confiture en poussant
un hurlement. Peut-être qu'il faudra faire venir le médecin, une fois que Papa sera enfin redescendu s'asseoir. (Depuis le temps il devrait savoir comment se tenir à table!) Pourquoi, selon toi, Maman et Thomas ont-ils eu des réactions si différentes ?

C'est une histoire d'habitude. (Retiens bien cela!) Maman a appris que les hommes ne peuvent pas voler, et pas Thomas. Il ne sait pas encore très bien ce qu'il est possible ou non de faire dans ce monde. Mais qu'en est-il du monde lui-même, Sophie? Trouves-tu qu'il est comme il faut? Lui aussi flotte dans l'espace!

Ce qui est triste, c'est qu'en grandissant nous nous habituons à bien d'autres choses qu'à la pesanteur. On finit par tout trouver naturel.
Il semble bien qu'avec l'âge plus rien ne nous étonne. Mais nous perdons là quelque chose d'essentiel et que les philosophes essaient de réveiller en nous. Car, tout au fond de nous, une petite voix nous dit que la vie est une grande énigme. Et cela, nous en avons fait l'expérience bien avant qu'on ne nous l'ait enseigné.

Précisons : bien que les questions philosophiques concernent tous les hommes, tout le monde ne devient pas philosophe pour autant. Pour différentes raisons, la plupart des gens sont tellement pris par leur quotidien qu'ils n'ont pas le temps de s'étonner de la vie. (Ils s'enfoncent, si tu préfères, tout au fond de la fourrure du lapin et s'y installent bien confortablement une bonne fois pour toutes.)
Pour les enfants, le monde — et tout ce qui s'y trouve — est quelque chose de radicalement neuf, ils n'en reviennent pas. Il n'en va pas de même pour tous les adultes, puisque la plupart d'entre eux trouvent que le monde n'a rien d'extraordinaire. Les philosophes constituent à ce titre une exception honorable. Un philosophe, c'est quelqu'un qui n'a jamais vraiment pu s'habituer au monde. Pour le philosophe, homme ou femme, le monde reste quelque chose d'inexplicable, de mystérieux et d'énigmatique. Les philosophes et les petits enfants ont par conséquent une grande qualité en commun. On pourrait dire que les philosophes gardent toute leur vie une peau aussi fine que celle d'un enfant.

À toi de choisir, chère Sophie. Es-tu un enfant qui n'a pas encore assez grandi pour être habitué au monde ? Ou es-tu un philosophe qui peut jurer de ne jamais tomber dans ce travers? Si tu secoues la tête en ne t'identifiant ni à l'enfant ni au philosophe, c'est parce que tu t'es fait un petit nid tellement douillet que le monde ne t'étonne plus. Dans ce cas, il y a urgence. C'est pourquoi tu reçois ce cours de philosophie, histoire de vérifier que tu n'es pas sur la mauvaise pente. Je ne veux justement pas que tu fasses partie des gens mous ou des indifférents. Je veux que tu vives les yeux grands ouverts. Les cours seront entièrement gratuits. Aussi on ne te remboursera rien si tu ne les suis pas. Si tu désires les interrompre,rien ne t'en empêche. Tu n'auras qu'à me glisser un mot dans la boîte. Une grenouille vivante fera aussi l'affaire. Du moment que c'est quelque chose d'aussi vert que la boîte aux lettres pour ne pas effrayer le facteur.

En résumé : un lapin blanc sort d'un chapeau haut de forme et parce que c'est un lapin énorme, ce tour de magie prend plusieurs milliards d'années. Tous les enfants des hommes naissent à l'extrémité des poils fins de sa fourrure. Ce qui les rend à même de s'étonner de l'impossible tour de passe-passe. Mais en grandissant, ils s'enfoncent de plus en plus dans le creux de la fourrure du lapin. Et ils y restent. Ils s'y trouvent si bien qu'ils
n'ont plus jamais le courage de remonter le long des poils. Seuls les philosophes ont le courage de faire le dangereux voyage qui les mène aux frontières extrêmes du langage et de l'existence. Certains retombent dans le fond, mais d'autres s'agrippent aux poils du lapin et encouragent tous les autres hommes qui ne font en bas que boire et se remplir la panse à venir les rejoindre.
— Mesdames et messieurs, déclarent-ils, nous flottons dans l'espace ! Mais personne ne prête attention aux mises en garde des philosophes.
— Ah ! ceux-là, qu'est-ce qu'ils peuvent nous casser les oreilles ! lancent des voix bien au chaud dans la fourrure.
Et de reprendre :
— Eh ! tu peux me passer le beurre ? Quel est le cours de la Bourse? Combien coûtent les tomates? Tu savais que Lady Di était à nouveau enceinte?

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